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MODULE 0 · FONDATIONS

Le vocabulaire, expliqué par le mécanisme

Ce module existe pour qu'aucun mot des quatre modules suivants ne reste obscur. Il n'explique pas des définitions : il explique qui fait quoi, parce qu'un terme financier compris par son mécanisme ne s'oublie plus. Si tu maîtrises déjà les options et les contrats perpétuels, passe directement au module 1 — mais lis la dernière section, elle contient une idée que beaucoup de traders confirmés n'ont jamais formulée.

Accès libreCe module est offert en intégralitéles 8 suivants font partie de la formation complète — voir l'offre
Étape 1 sur 10 du parcoursParcours 32 minÉdition 27/07/2026
À la fin de ce module
  • Tu sais ce qu'est une option, et pourquoi son vendeur est structurellement contraint.
  • Tu comprends delta et gamma sans formule, par l'image du volant.
  • Tu sais ce qu'est un contrat perpétuel et pourquoi il existe un funding.
  • Tu comprends la différence entre subir un prix et le proposer — c'est toute la lecture du flux.

Une option, vue du vendeur

Une option donne un droit, pas une obligation : acheter (un call) ou vendre (un put) à un prix fixé, appelé le strike, jusqu'à une date appelée l'échéance. L'acheteur paie une prime pour ce droit. Tout le monde apprend ça.

Ce que presque personne n'enseigne, et qui est le cœur de cette formation : en face de chaque acheteur, il y a un vendeur qui ne veut pas parier. Ce vendeur est un teneur de marché. Son métier n'est pas d'avoir raison sur la direction — c'est d'encaisser l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente, des milliers de fois.

Pour ne pas parier, il doit neutraliser son exposition. Il achète ou vend le sous-jacent pour compenser. Et c'est là que naît toute l'information exploitable : cette neutralisation ne tient pas en place, elle doit être refaite en permanence, et le sens dans lequel il la refait est prévisible.

L'idée qui fonde le module 2

Un teneur de marché couvert n'a pas d'opinion, mais il a une obligation. Une opinion peut changer d'avis ; une obligation, non. C'est pourquoi la couche des options est la seule qui permette d'anticiper un comportement plutôt que de le deviner.

Si tu débutes — les quatre mots à retenir avant d'aller plus loin

  • Sous-jacent : l'actif sur lequel porte l'option. Si tu traites une option sur le Bitcoin, le sous-jacent est le Bitcoin.
  • Prime : le prix de l'option. C'est ce que l'acheteur paie, et ce que le vendeur encaisse tout de suite.
  • Dans la monnaie : l'option a déjà de la valeur si on l'exerce maintenant (un call dont le strike est sous le prix). Hors de la monnaie : l'inverse.
  • À la monnaie : le strike est collé au prix. C'est là que le gamma est le plus fort — retiens ce point, la section suivante l'explique.

Tu n'as pas besoin de savoir calculer une prime. Tu as besoin de savoir que quelqu'un l'a vendue, et qu'il doit maintenant se protéger.

Delta et gamma, sans formule

Imagine que tu conduis. Le delta, c'est la position de ton volant : de combien tu tournes. Le gamma, c'est la vitesse à laquelle tu dois corriger ce volant quand la route tourne.

MesureCe qu'elle ditPour le teneur de marché
DeltaDe combien l'option gagne si le sous-jacent monte de 1 €Combien de sous-jacent il doit détenir pour être neutre
GammaDe combien le delta lui-même change quand le prix bougeÀ quelle fréquence il devra réajuster — donc à quel point il sera actif

Un gamma élevé signifie que la couverture se dérègle vite. Le teneur doit alors intervenir souvent et fort. Un gamma faible signifie qu'il peut rester tranquille. Le gamma mesure donc l'intensité de l'activité forcée des teneurs de marché — et cette activité, ce sont des ordres réels qui frappent le carnet.

L'IMAGE DU VOLANT Route régulière Gamma faible : peu de corrections Le teneur reste calme Route sinueuse Gamma élevé : corrections permanentes Le teneur envoie beaucoup d'ordres
Ce qu'il faut garder. Le gamma ne dit rien de la direction. Il dit combien de trafic forcé le marché va générer. C'est une mesure d'agitation mécanique.

Sous le capot — du gamma d'une option au gamma d'un marché

Une option seule a un gamma minuscule. Ce que GammaDesk affiche, c'est le gamma agrégé de toutes les positions ouvertes sur une échéance, converti en dollars de sous-jacent à acheter ou vendre par point de variation du prix.

D'où deux conséquences que le module 2 exploite : le gamma se concentre autour des strikes où beaucoup de contrats sont ouverts, et il change de signe selon le camp dans lequel se trouvent les teneurs de marché. Un gamma dit « positif côté dealers » les fait acheter quand ça baisse et vendre quand ça monte : ils amortissent. Négatif, ils font l'inverse et amplifient. Le même chiffre, deux régimes opposés.

Le contrat perpétuel et le funding

Un future classique a une échéance. Un contrat perpétuel n'en a pas : on peut le porter indéfiniment. C'est pratique, mais cela pose un problème — sans échéance, rien ne force son prix à rejoindre celui du marché au comptant.

La solution s'appelle le funding : un paiement périodique entre les deux camps. Si le perpétuel se négocie au-dessus du comptant, les longs paient les shorts, ce qui décourage d'être long. En dessous, l'inverse. C'est un ressort de rappel.

Pourquoi c'est une information et pas de la plomberie

Le funding est le prix que la foule accepte de payer pour rester positionnée. Quand il est élevé, être long coûte cher — et ceux qui restent sont ceux qui y croient vraiment, ou ceux qui sont coincés. C'est pour cela que le module 3 le traite comme une mesure de fatigue, jamais comme une direction.

Sous le capot — pourquoi le funding est affiché en pourcentage annuel

Un funding brut est un tout petit nombre : 0,01 % payé toutes les huit heures ne parle à personne. GammaDesk l'annualise pour le rendre comparable — × 3 × 365, puisqu'il y a trois règlements par jour. Le 0,01 % devient environ 11 % par an.

Toutes les plateformes ne règlent pas au même rythme : Hyperliquid paie toutes les heures, et son funding est donc annualisé × 24 × 365. Sans cette normalisation, comparer deux plateformes reviendrait à comparer un loyer mensuel à un loyer annuel. C'est aussi pourquoi un funding annualisé de 40 % ne signifie pas que quelqu'un paiera 40 % : il paiera ce taux tant qu'il dure, et il dure rarement.

Le carnet d'ordres : subir un prix ou le proposer

Le carnet d'ordres est la liste de tous les ordres en attente : les acheteurs qui proposent un prix en dessous, les vendeurs qui en demandent un au-dessus. Il y a deux façons d'y intervenir, et la distinction fonde tout le module 3.

Type d'ordreComportementCe que cela révèle
Ordre limiteTu poses ton prix et tu attendsDe la patience. Tu fournis de la liquidité.
Ordre au marchéTu acceptes le prix affiché, tout de suiteDe l'urgence. Tu consommes de la liquidité — tu agresses.

Le CVD ne compte que la seconde catégorie : achats au marché moins ventes au marché. Un investisseur patient qui accumule 50 M$ à la limite n'apparaît pas. Quelqu'un qui liquide 5 M$ dans l'urgence apparaît en grand.

Ce n'est pas un défaut de la mesure, c'est son intérêt : le CVD mesure l'impatience, et l'impatience est ce qui déplace les prix à court terme.

Si tu débutes — le carnet, nommé correctement

  • Bid : le meilleur prix auquel quelqu'un accepte d'acheter maintenant.
  • Ask (ou offer) : le meilleur prix auquel quelqu'un accepte de vendre.
  • Spread : l'écart entre les deux. C'est le péage que paie celui qui est pressé — et le revenu de celui qui attend. Le teneur de marché de la première section vit de cet écart, répété des milliers de fois.
  • Profondeur : la quantité disponible à chaque prix. Un carnet peut afficher un spread minuscule et n'avoir presque rien derrière : le prix semble solide, il ne l'est pas.

Retiens la distinction entre spread et profondeur. Le spread dit combien coûte l'entrée ; la profondeur dit combien coûte la sortie quand tout le monde sort en même temps.

L'open interest : combien de positions existent vraiment

Le volume compte les échanges. L'open interest — l'intérêt ouvert — compte les positions encore ouvertes. Ce sont deux choses différentes, et la confusion entre les deux est l'une des erreurs de lecture les plus fréquentes.

Un exemple suffit. Si tu achètes un contrat à quelqu'un qui ouvre une vente, une position nouvelle naît de chaque côté : l'open interest augmente de 1. Si tu revends ce contrat à quelqu'un qui débouclait sa vente, vous fermez tous les deux : le volume enregistre un échange, mais l'open interest baisse de 1. Même volume, effet opposé sur l'engagement réel du marché.

PrixOpen interestLecture
montemonteDe l'argent neuf entre à l'achat. Mouvement alimenté.
montebaisseDes vendeurs se débouclent. Hausse par rachat forcé, pas par conviction.
baissemonteDe l'argent neuf entre à la vente. Pression réelle.
baissebaisseDes longs abandonnent. Purge, souvent en fin de mouvement.

Ces quatre lignes sont la grille que tu retrouveras au module 3, et la raison pour laquelle une hausse n'est pas une hausse : il faut savoir si elle est payée par des entrants ou par des sortants.

Sous le capot — ce que GammaDesk agrège, et dans quelle unité

L'open interest affiché est un agrégat multi-plateformes — Binance, Bybit, OKX, Hyperliquid, Bitget — converti en notionnel dollars, jamais laissé en nombre de contrats.

La conversion n'est pas cosmétique : un contrat ne représente pas la même chose partout, et additionner des contrats hétérogènes produirait un total qui ne veut rien dire. C'est aussi pourquoi la variation d'open interest (le delta d'OI) est lisible d'un actif à l'autre : elle est exprimée dans la même unité que le flux au marché auquel on la compare.

Le piège classique

Un open interest qui grimpe n'est pas un signal haussier. Il dit qu'il y a plus d'engagement, pas dans quel sens. Chaque position ouverte a un acheteur ET un vendeur : l'open interest est toujours symétrique. Pour lui donner un sens directionnel, il faut le croiser avec le flux au marché — c'est exactement ce que fait la première composante du biais.

Comptant, perpétuel, base : trois prix pour un même actif

Le comptant — le spot — est le prix auquel tu achètes l'actif lui-même, tout de suite, et tu le possèdes. Le perpétuel est un contrat qui suit ce prix sans jamais livrer l'actif. Les deux cotent en permanence, et ils ne cotent presque jamais au même niveau.

L'écart entre les deux porte un nom : la base. Perpétuel au-dessus du comptant, la base est positive — le marché à effet de levier paie une prime pour être exposé. En dessous, elle est négative.

Pourquoi cet écart est une information et non un défaut

Comptant et perpétuel ne sont pas peuplés par les mêmes gens. Le comptant est acheté par ceux qui veulent détenir ; le perpétuel par ceux qui veulent s'exposer avec du levier. Quand le second s'envole au-dessus du premier, l'appétit vient du levier et non de la détention — c'est une hausse plus fragile, parce que le levier se liquide et pas la détention. Le module 3 lit systématiquement les deux populations séparément.

Retiens la hiérarchie : le funding corrige la base, la base révèle qui pousse le prix, et la population qui pousse détermine la solidité du mouvement. C'est une chaîne de causes, pas trois indicateurs indépendants.

Levier, notionnel, liquidation

Le levier permet de contrôler une position plus grosse que le capital déposé. Avec 1 000 € et un levier ×10, tu contrôles 10 000 € : c'est le notionnel, la vraie taille de ton exposition.

La contrepartie est mécanique : une baisse de 10 % efface les 1 000 €. Avant d'en arriver là, la plateforme ferme la position d'office — c'est la liquidation, et c'est un ordre au marché forcé, insensible au prix.

Pourquoi un « cluster de liquidations » compte

Quand beaucoup de positions ont leur seuil de liquidation au même niveau, atteindre ce niveau déclenche une vague d'ordres forcés. Ces ordres poussent le prix plus loin, ce qui déclenche le cluster suivant. C'est un effet domino — et il est cartographiable à l'avance, puisque les seuils se déduisent des prix d'entrée et des leviers. C'est l'objet du panneau de profondeur contre clusters, au module 3.

Exercice 1 · le carnetFondation

Un carnet affiche : meilleur bid 42 980 $ pour 3 BTC, meilleur ask 43 020 $ pour 2 BTC. Tu veux acheter 2 BTC immédiatement.

À quel prix es-tu servi, combien te coûte l'impatience, et qui encaisse cette somme ?

Voir la correction

Prix. Un ordre au marché consomme l'ask : tu es servi à 43 020 $. Les 2 BTC disponibles suffisent, tu n'entames pas le niveau suivant.

Coût. Le spread vaut 43 020 − 42 980 = 40 $, soit 0,093 % du prix. Sur 2 BTC, tu paies environ 80 $ de plus que si tu avais attendu au bid. C'est le prix de l'immédiateté, et il est payé à l'entrée et à la sortie.

Bénéficiaire. Celui qui avait posé l'ordre limite en vente — le plus souvent un teneur de marché. Il vient d'encaisser l'écart sans prendre de pari directionnel : c'est exactement le métier décrit dans la première section. Et il se retrouve court de 2 BTC, qu'il devra couvrir : ton impatience vient de créer un flux ailleurs.

Exercice 2 · prix et open interestApplication

Sur 24 h, un actif monte de 6 %. Son open interest agrégé baisse de 11 %. Le funding annualisé est passé de +45 % à +8 %.

Que s'est-il passé, et cette hausse est-elle solide ?

Voir la correction

Lecture mécanique. Prix en hausse avec open interest en baisse : des positions se ferment. Comme le prix monte, ce sont les vendeurs qui capitulent et rachètent. C'est un squeeze, pas une accumulation.

Confirmation par le funding. Il chute de +45 % à +8 %. Un funding très élevé signalait une foule massivement longue et payante ; son effondrement indique que cette foule a été réduite. Les deux mesures racontent la même histoire par deux chemins indépendants — et c'est cette convergence qui rend la lecture solide, pas chaque chiffre pris isolément.

Solidité. Faible. Une hausse alimentée par des rachats forcés s'arrête quand il n'y a plus personne à forcer. Aucun argent neuf n'est entré — l'open interest le dit. Le carburant s'épuise de lui-même : c'est le contraire d'une tendance auto-entretenue. Ce qui invaliderait cette lecture : un open interest qui repartirait à la hausse tout en gardant le prix haut, signe que des entrants prennent le relais des sortants.

Exercice 5 · deux plateformes, un désaccordMaîtrise

Même actif, même instant. Plateforme A : funding annualisé +38 %, base perpétuel/comptant +0,9 %. Plateforme B, qui règle son funding toutes les heures : funding annualisé +41 %, base +0,2 %.

Les deux plateformes disent-elles la même chose ? Laquelle croire, et que faudrait-il vérifier avant de trancher ?

Voir la correction

Les fundings sont comparables, la question n'est pas là. +38 % et +41 % sont deux taux déjà annualisés, l'un depuis un règlement toutes les huit heures (× 3 × 365), l'autre depuis un règlement horaire (× 24 × 365). La normalisation a fait son travail : 3 points d'écart sur un taux annuel, c'est du bruit.

Le vrai désaccord est sur la base : +0,9 % contre +0,2 %, soit un rapport de plus de quatre. Or funding et base sont liés — le funding existe précisément pour ramener le perpétuel vers le comptant. Un funding presque identique avec des bases très différentes est une incohérence, et une incohérence est un signal, pas une moyenne à faire.

Trois hypothèses, par ordre de vraisemblance. ① Les deux plateformes n'utilisent pas le même indice de comptant : si B calcule sa base contre un panier différent, l'écart est un artefact de définition, pas un fait de marché. ② A subit une tension locale — un gros acheteur au levier concentré sur cette seule plateforme — que son funding n'a pas encore rattrapée, le funding réagissant avec retard. ③ La liquidité de A est mince et la base y est bruitée.

Ce qu'il faut vérifier avant de trancher, dans cet ordre. D'abord l'indice de référence de chaque plateforme — l'hypothèse ① est la plus banale et la moins spectaculaire, donc la plus probable. Ensuite la profondeur du carnet sur A : une base élevée sur un carnet vide ne se négocie pas. Enfin la direction de la base sur les dernières heures : si elle se resserre, le funding est en train de faire son travail et il n'y a rien à jouer. Aucune de ces vérifications ne se fait dans le tableau des fundings — et c'est le vrai enseignement de cet exercice : un écart entre deux sources ne se arbitre jamais à l'intérieur de la mesure qui l'affiche.

L'idée que même les confirmés formulent rarement

Tous ces mécanismes ont un point commun. Ils ne décrivent pas ce que les gens pensent du marché : ils décrivent ce que les gens ont déjà fait, et ce que cela les obligera à faire ensuite.

Un teneur de marché couvert devra rééquilibrer. Un compte à ×20 sera liquidé à un prix calculable. Une société en blackout ne pourra pas racheter ses actions. Un long qui paie un funding record finira par renoncer. Aucune de ces contraintes n'est une opinion. Toutes sont des faits futurs partiellement déterminés par le présent.

C'est exactement ce que mesure GammaDesk, et c'est pourquoi cette formation ne t'apprendra jamais à prédire. Elle t'apprend à repérer les endroits où quelqu'un d'autre n'aura pas le choix — et à te placer avant.

Exercice 3 · vérificationFondation

Un compte achète pour 2 M$ de BTC en ordres limites patients, sur trois heures. Au même moment, un autre compte vend 300 k$ en un seul ordre au marché. Que montre le CVD sur cette période, et le marché est-il acheteur ou vendeur ?

Voir la correction

Le CVD affiche −300 k$. Il ne voit que l'agression : les 2 M$ patients n'apparaissent pas, puisqu'ils ont été exécutés contre des vendeurs impatients plutôt que d'aller chercher le prix.

Le marché est-il vendeur ? À court terme, oui : la pression immédiate sur le prix vient du vendeur pressé. Mais 2 M$ de demande réelle se sont absorbés dans le carnet — sept fois plus que la vente visible.

C'est exactement pourquoi le module 3 impose de lire le CVD avec son ratio d'intensité et de croiser spot et perp. Un CVD légèrement négatif sur un gros turnover, c'est souvent cette image-là : un accumulateur patient face à des vendeurs nerveux.

Exercice 4 · le réflexe du vendeurApplication

Tu achètes un call. Le prix du sous-jacent monte fortement. Que fait le teneur de marché qui te l'a vendu, et pourquoi cela peut-il accélérer la hausse ?

Voir la correction

Il t'a vendu un call, il est donc court de cette option. Quand le prix monte, le delta du call augmente : sa position devient de plus en plus perdante à la hausse. Pour rester neutre, il doit acheter du sous-jacent.

Or il achète parce que ça monte. Son ordre pousse le prix, ce qui augmente encore le delta, ce qui l'oblige à acheter davantage. C'est une boucle auto-entretenue.

C'est exactement la mécanique du gamma négatif du module 2 : le hedge devient pro-tendance et amplifie le mouvement au lieu de l'amortir. Retiens que cette boucle n'a rien à voir avec une opinion — le teneur préférerait ne pas acheter si haut, mais il n'a pas le choix.

Exercice 6 · funding et liquidationMaîtrise

Un compte ouvre 50 000 $ de position longue avec 5 000 $ de capital. Le funding est de 30 %/an et reste stable. Que lui coûte sa position par jour, et pourquoi est-ce plus grave qu'il n'y paraît ?

Voir la correction

Le calcul. Le funding s'applique au notionnel, pas au capital : 50 000 × 30 % ÷ 365 ≈ 41 $ par jour.

Pourquoi c'est grave. Rapporté au capital réellement engagé, 41 $ sur 5 000 $, c'est 0,82 % par jour — soit près de 25 % par mois de son capital, uniquement pour rester en position. Le levier multiplie l'exposition, mais il multiplie aussi le loyer.

C'est la mécanique du pain index du module 3 : quand ce coût atteint des sommets historiques, le camp qui paie n'a plus besoin d'avoir tort pour capituler — il lui suffit d'attendre trop longtemps.

Ce qu'il faut retenir

Option = un droit acheté, une obligation de couverture chez celui qui le vend. Delta = la position du volant, gamma = la fréquence des corrections. Funding = le loyer d'une position à levier. CVD = la mesure de l'impatience. Liquidation = un ordre forcé, dont le niveau se calcule à l'avance. Tout le reste de la formation est construit sur ces cinq idées.